2015 juin – Seconde tentative
Selfie avec Stéph

2015 juin – Seconde tentative

Samedi – Bricolage

La seconde tentative a lieu avec Stéphane. Cette fois, j’ai eu la possibilité de prendre mon lundi, et nous aurons un peu plus de temps. Par contre, la contrainte est plus forte: si nous n’y arrivons pas et sommes obligés de rester à La Rochelle, c’est un coût d’un mois, 800€. Évidemment je souhaiterais l’éviter (sinon bonjour l’explication avec l’Amirale !), mais je ne suis pas près à faire n’importe quoi quand même.

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La découverte de D’Jack provoque chez Stéphane les mêmes exclamations qu’avec Eric. En fait, quand on parle de son bateau, les gents imaginent un engin de plage, en un peu plus gros. Alors forcément quand ils découvrent D’Jack, il y a un peu de surprise!

La météo est un peu forte ce samedi. Cela se calme dimanche, surtout en fin de journée. Lundi c’est tranquille. Du coup le programme sera le suivant: samedi bricolage, pour profiter de l’ouverture des Ships si besoin. Si le matin est satisfaisant aller à Soubise déposer la voiture + retour en train. Dimanche une sortie pour essayer, et retour à La Rochelle. Lundi go Soubise.

Action: le point à régler, c’est les batteries. La batterie morte est sacrifiée, D’Jack va rester un moment avec la batterie moteur et une batterie servitude, le temps d’y voir clair. Je pense reprendre cette partie sur 2016. Remettre les étriers des sangles est difficile, à cause du manque d’outillage. La résine résiste fortement à la queue de cochon ! Merci Stéphane. Le compartiment est désormais carré: propre, batteries en place, parfaitement sanglées. Nous branchons le chargeur de quai. Un quart d’heure plus tard, il s’arrêtera. Sans doute exagérément optimiste, j’interprète ça comme le signe que le circuit de charge n’a pas souffert de la batterie disjonctée, et que tout fonctionne normalement.

Dès que tout est branché, essai de démarrage du moteur: nickel 🙂

Le deuxième point est sur le pont: remplacement de la filiaire. Pour les fabriquer, ils ont copié les originaux. Au début, je n’avais remis au ships qu’un seul coté car sur l’autre, un ridoir avait disparu, et un bricolage l’avait remplacé. Ils ont insisté pour avoir les deux, en disant que ce n’était pas forcément symétrique. Ben ils ont copié le bricolage. Version neuf, et « pro », mais bricolage tout de même ! La mise en place ne pose pas de problème.

Pour l’installation des lignes de vie, une question reste dans l’air. Il me manque un point d’accroche sur l’arrière. Je n’ai pas envie de surcharger le taquet. Un point qui reste en suspend. Pour l’heure elles sont prises sur le balcon arrière. L’installation de cadènes appropriées est mise au plan d’action.

Dimanche

Rien ne semblant déraper, nous déposons la voiture à Soubise, puis retour en train, juste à temps pour attraper la marée du soir. Nous nous sentons comme ces guerriers Grecs qui avaient brulé leur bateaux pour se forcer à réussir. Maintenant, plus le choix demain il faut faire le trajet !

C'est parti!

Amarres larguées! GRAND, GRAND MOMENT.

D’Jack avance, je suis aux commandes. La manœuvre, pourtant simple me pose problème, mais je réussi à me mettre dans l’axe de la porte, et à sortir du bassin sans casse. Comme c’est la fête de la musique, beaucoup de monde regarde D’jack sortir. Au passage des deux tours, une énorme émotion d’être là, derrière la barre de mon bateau. Une grosse tension aussi: pas question de faire de bêtise maintenant.

Le plan initial, c’était de juste sortir au moteur et rentrer aussitôt. Mais tout se passant bien, les conditions étant idéales, la tentation d’envoyer est trop forte. Pas trop facile les manœuvres. Tout est grippé, il faut tirer fort. Mais cela ne parvient pas à gâcher la fête.

La sortie est juste un pur moment de bonheur: la découverte de D’Jack sous voiles. Tout se passe nickel: bord de près, deux virements, on abat, deux empannages, deux autres pour le plaisir. J’ai juste du mal à ne pas me laisser totalement déborder par les émotions. 3~4B, D’Jack réagit très bien. Il passe dans le clapot en douceur. En fait, je n’ai jamais été sur un tel bateau. Ceux dont j’ai l’habitude sont plus petits.

Nous rentrons le plus tard possible pour ne pas rater l’ouverture de la porte. Il y a beaucoup de bateaux dans le chenal. Les Minimes est un port impressionnant. En continuant vers le vieux port, le trafic diminue. La capitainerie contactée par VFH confirme l’heure d’ouverture, il va falloir attendre un dizaine de minutes.

Après les deux tours, il y a un bassin devant la porte encore fermée. Nous sommes à quatre à tourner. De l’appréhension au début, mais les autres sont bien rodés, ils me laissent la place et je peux rentrer dans le ballet sans difficulté. A l’ouverture, beaucoup plus vifs, ils se ruent à l’intérieur. Ca m’arrange je voulais entrer en dernier.

La manœuvre pour prendre la place tourne au cauchemar. A chaque fois que je me présente, D’Jack dépalle. Avec la fête de la musique, les centaines de spectateurs regardent, commentent, encouragent, attendent le sang! D’un seul coup, au bout d’un ponton, se matérialise Thomas, l’ancien propriétaire. Il saute à bord de manière audacieuse, et rentre en deux-deux. En fait je suis trop doux dans les manœuvres. Lui met les gaz à fond, et profite de l’erre pour manœuvrer. Faudra que je me mettes au point, je n’y suis pas du tout.

C’est un peu frustré que je pose les aussières. Je n’y serai pas arrivé tout seul. Le positif, c’est que rien n’a été cassé 😉

Lundi

C’est parti. Tout ce qui était sur le ponton a été rangé, ouverture des portes, go go go. Cette navigation reste un peu floue dans mon esprit. Trop d’émotions se bousculent. Chaque instant est une merveille. Régler des voiles, barrer, repérer les amers. Et juste écouter l’eau passant sous l’étrave, en mode « maître du monde ». Du bonheur à l’état brut.

La nav se passe sans que rien de vienne la perturber. C’est ma première navigation sur ce bassin, tout est découverte: premier départ de La Rochelle, le phare du bout du monde, l’île de Ré, premier passage devant Boyard, devant l’île d’Aix. Repérage de l’entrée et remontée de la Charente, passage devant le fort Lupin (c’est du Vauban, mais je trouve qu’il a un faux air « pagode »).

Remonter la Charente est une expérience: l’eau a de très beaux reflets marrons, qui rendent la limite terre/mer difficile à décerner. Mais le balisage est très clair, la liaison carte paysage efficace permet d’être précis dans son positionnement.

La prise de ponton à Soubise n’est pas glorieuse, D’Jack y gagne sa première cicatrice.

Bilan

Du bonheur, du bonheur, du bonheur et du bonheur.

D’Jack continue à me parler. Il a trouvé une place où il est à l’abri quand je ne suis pas à bord.

Une liste « A faire » qui s’agrandit: Toutes les manœuvres sont à nettoyer,  pas mal de bouts sont à remplacer, mais globalement quel plaisir de naviguer.

Il est indispensable que je m’améliore en manœuvres. Il est également indispensable que je devienne un champion du gel coat.

Cet article a 2 commentaires

  1. Hey Hoda 🙂
    Je peux te dire que là, je n’étais pas peu fier. C’est les tous premiers mètres avec D’Jack! On vient juste de sortir de sa place. Dans ma tête, c’est la samba !

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